Normandie Vol Libre

Dimanche 1 avril, une année pour passer du rêve à la réalité

vendredi 6 avril 2012 par Patrick PPe

Il y a exactement un an, je publiais un article sur un cross exceptionnel depuis le Marais Vernier. Je dois l’avouer un an plus tard, ce n’était que dans mes rêves.

Ce dimanche le rêve est devenu réalité … et justifie ce roman.
Afin de varier les plaisirs avec un vent de Nord-Est étant de la partie, je décide de passer mon dimanche à Osmoy. Ma dernière visite sur ce site remonte à une séance de débroussaillage, sans vol.
Comme d’habitude j’arrive sur site de bonne heure , le vent étant annoncé dès le matin.
Sur la route, je vois bien que des nuages commencent à bourgeonner, sans aller plus loin dans mon analyse.
Dès mon arrivée, je monte en haut de la pente Est où je repère tout de suite un "peugeotiste".

Je ne connais pas très bien le site et j’ai d’ailleurs quelques problèmes à le reconnaitre !Où sont passées les fourmilières ?

Je connais cependant la technique pour "accrocher" et le fameux repère : l’agitation des branches du boulot à droite du déco.

Pas question de jouer les fusibles, j’attends que quelques parapentes tiennent pour m’élancer.

Par rapport à mon dernier vol sur ce site, je suis nettement plus à l’aise. Mentalement, je suis prêt à voler en lisière et au-dessus de la forêt.
Les 20 premières minutes, je grenouille sans prendre suffisamment d’altitude pour analyser ce qu’il y a au-dessus de la crête. Pas question d’enrouler les thermiques qui apparaissent mais je commence à repérer les zones de déclenchement.
Christophe me balise le terrain, je le vois très haut puis plus rien. A priori il est parti en cross.

Cela commence à monter de plus en plus haut –toujours en yoyo- et je peux repérer l’arrière de la crête.
Je suis prêt à faire un petit cross, même de2 kms.

Sylvain B. arrive et je suis sûr que si c’est "crossable", il va partir.
Il me reste à attendre calmement. Après quelques minutes, je prends l’ascenseur jusqu’à 400 à 500 m. Je commence à regarder la position des nuages qui s’alignent en des rues. Je sais ce que cela veut dire, je suis prêt. J’appelle Sylvain à la radio, pas de réponse.

Quelques minutes plus tard je le vois s’éloigner, je suis plus haut que lui... C’est décidé j’y vais. Mon vario hurle et instinctivement j’enroule sans me faire secouer. Je n’ai jamais connu cette situation et sans être concentré sur la précision de mon pilotage, j’effectue plusieurs virages en positif.

J’arrive au plafond en quelques instants. Pas question de faire les oreilles pour fuir comme la première fois où j’ai connu une situation identique.

Maintenant je suis Sylvain du coin de l’œil tout en profitant de la vue.
C’est une sensation incroyable, je suis environ à 900 mètres et tout est différent. Je vois la mer au loin. Cela me rappelle les photos de rue de nuages prises par des parapentistes.

Je vérifie qu’il y toujours du ciel bleu pour m’échapper et je me positionne plutôt au vent de la rue . Le seul problème c’est qu’il ne fait pas chaud là haut. Je suis parti sans mettre ma combinaison. Ça pèle plus haut (là c’est une blague à 2 balles)

Je vois Sylvain qui zigzague , je ne comprends pas , il n’y qu’à la suivre. Appel radio pour lui demander si c’est faisable de passer la grande forêt qui s’étale devant nous. Pas de réponse. Je vois alors un parapente posé : cela doit être Christophe.

Je décide d’attendre et de suivre Sylvain qui est au moins 200 m sous moi. Je le vois s’engager au-dessus de la forêt. Je le suis à la trace sans m’intéresser à la rue ni au vario qui hurle cette fois en négatif. Il y a longtemps que j’ai perdu tous mes repères géographiques.
On passe la vallée des bisons, à cette hauteur je n’ai aucun stress, j’ai encore beaucoup de marge.

Je décide de poser au même endroit que Sylvain. Je n’ai pas de RO.
Je le vois grattouiller … je zone au-dessus enroulant même du négatif !

Il se pose sans problème dans un beau champ non cultivé. Mon attention se relâche … et j’oublie de préparer la dernière phase vol. Résultat une PTM (Prise de Terrain de Merde).
Je suis trop court de quelques mètres, ma voile est dans le champ de patates, je suis de l’autre côté de la barrière dans la pâture.

Résultat : 10 kms de cross en 20 mins.
Sylvain m’explique alors pourquoi il a zigzagué, n’est pas monté plus haut et son silence radio car je ne suis pas sur la bonne fréquence !

Une petite marche un peu au hasard pour retrouver Marie, RO de Christophe.
Au retour on récupère aussi Christophe qui en est à son deuxième petit cross.

Ces 20 mins de vol seront certainement le vol de l’année. Dommage que sois parti sans caméra, sans appareil photo et sans GPS allumé. Il n’est donc pas possible de vous faire partager ce moment magique aussi intense que mon premier grand vol. Il est évident qu’avec le temps je vais améliorer ce genre de vol en parcourant plus de kilomètres.
Certes j’ai eu de la chance mais ma pratique parapentesque depuis un an m’a permis de sauter sur l’occasion le jour J.

Mes quelques expériences non exhaustives qui ont contribué à ce vol :

• les vols au-dessus de la forêt du Marais Vernier ainsi que mes gains en thermique en local

• le vol en Suisse Normande pour les sensations du vol thermique et le récent petit cross

• le vol en montagne pour l’altitude

• la lecture des traces CFD

• les discussions avec les autres parapentistes

Il me tarde de retrouver ces mêmes conditions.

Un grand merci à Sylvain le poisson pilote qui m’a montré le chemin et m’a permis de vivre ce premier cross en toute sérénité.

Ce dimanche était un jour de chance.
Prenant la route de retour en fin de journée en suivant le GPS, je suis passé par Bures –au milieu de nulle part- où j’ai vu atterrir deux parapentistes dont Christophe pour son troisième cross de la journée. J’ai alors joué le RO !


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