Normandie Vol Libre

Mon RO est-il un zéro ?

mercredi 5 février 2014 par Homo Volatilus Rigidus

10h, j’envoie un SMS à mon RO (Récupérateur Officiel), histoire de le prévenir que j’ai dans l’idée d’aller voler à Londinières avec mon rigide. Pas de réponse ! Mince, il doit être encore chez LIDL, ce sont les promos "Bricolage" de ce lundi et je sais qu’il en est friand.

11h, après une étude plus précise des conditions météo, je décide d’annuler mon projet , le montage de mon aile en plein vent risquerait de présenter beaucoup de problèmes, même à deux. J’envoie donc un deuxième SMS pour donner quartier libre à mon RO. Pas de réponse mais là c’est moins grave, il doit être entrain d’essayer ses nouveaux outils.
Le soleil brille, en clair il ne pleut pas, je vais mettre en place le panneau sur le site d’Hénouville, les dernières modifications ont été enfin finalisées par Technimaniacs Entreprise qui a mon avis doit être une société Suisse, enfin ce n’est pas le sujet du jour.

C’est comme pour monter mon rigide par vent fort, le panneau, il est préférable d’être deux.

J’appelle alors mon RO qui m’annonce qu’il traverse Rouen pour se rendre à Londinières histoire de faire voler son planeur... et qu’il a répondu ce matin à tous mes messages du matin mais moi, je n’ai toujours rien reçu !?

Il retraverse Rouen et me charge après que j’aie fini la vaisselle.
D’homme volant, je passe au statut de RO, de conducteur à celui de passager et de futur contrevenant à celui d’observateur de compteur de vitesse.

Tout arrivons non flashés, entiers au déco. La fixation de ma ceinture de sécurité n’est pas du bon côté, c’est vrai je suis le passager.
Porte ouverte, ça décoiffe... mais seulement mon RO.

Nos connaissances respectives de l’aérodynamique nous font transporter le matériel avec beaucoup d’attention et nous descendons assez bas dans la pente pour monter...(tiens nous descendons pour monter ?) le planeur.
Après les branchements, les contrôles, la machine volante est en l’air. "ça zioune", comme disent les gens de je ne sais où. Je filme.
Après une vingtaine de minutes, les premiers essais d’atterrissage sont lancés. C’est rafaleux mais j’ai confiance en mon RO.

Il attaque ce qu’on appelle une branche vent arrière, histoire de se présenter bien loin pour casser la finesse et ne pas arriver trop vite, et l’a réussi du premier coup en restant croché dans la cime d’un des plus grand des arbres, derrière le déco.

Malheureusement en concours, cette figure appelée "nidification" n’est pas reconnue par la fédération aéromodéliste , il ne marque pas de points et devrait perdre 500€.

"Merde, merde, merde" dit-il en remontant la pente alors que son moral fait l’inverse.

Nous rejoignons le sous-bois ! Je pense que si j’avais eu 50 ans de moins, j’aurais joué les Chita.
Le planeur s’est bien calé et malgré les rafales, les poussées du moteur électrique, il attend, la queue vers les bas, le printemps et la période de reproduction.
Bien, il faut trouver maintenant, un bûcheron, un élagueur, un acrobate, un singe, une gaule de 15 m...

Nous réfléchissons, nous disposons d’un tournevis et deux Smartphones. A tout hasard, je regarde si je n’ai pas une appli "Décroche Planeur". Que naine nie !

Nous prions pour trouver une solution avant la nuit. Nous retournons à Londinières et tombons comme par miracle sur le bâtiment des municipaux.
Nous approchons, je filme, ils sont trois sur une faucheuse qui a un problème hydraulique. Nous, nous en foutons, ce que nous voulons c’est une grande échelle, une tronçonneuse...Je fais tomber la caméra de mon RO, le hublot explose.

Eux qui pensaient se la couler douce à 15h30, les voilà dans le sous-bois. Comme dit l’adage "C’est au pied de l’arbre qu’on voit le bûcheron" ! ...et bien ils ne sont pas bûcherons pour deux ronds et regagnent leurs locaux dans leur camion jaune.

Je reprends mon Smartphone, appelle un pote élagueur. Sous prétexte qu’il est en déplacement à Lens, il ne veut pas faire l’aller et retour de 300kms pour nous dépanner. Heureusement, il nous indique un paysagiste de Bures en Bray, Dujardin, çà ne s’invente pas.

Nous fonçons, Bures en Bray, ce n’est pas loin mais nous ne trouvons pas le 12 du Chemin Départemental. Arrêt à la mairie où deux gendarmes glandent, peut-être.

En fait nous sommes à 100m du jardin. Mon RO échange avec le patron pendant que je reste au chaud.
Le paysagiste nous donne un rendez-vous avec Jérôme, élagueur de Londinières...la boucle est bouchée.

Nous l’attendons 15 min sur le parking en face de l’église. Un homme en blanc en babouches jaune, (de la même couleur que le camion municipal !), fait des incantations devant le monument aux morts.

Je reste au chaud dans la voiture, je ne tiens pas qu’il me jette un mauvais (res)sort.

La faim gagne mon RO. Jour de chance pour moi, je n’ai pas pris ma voiture, je n’ai donc pas à sortir mes gâteaux bretons au beurre et je n’ai pas d’argent Il me confie son porte-monnaie. Je file à la boulangerie, je ne voudrais pas qu’il me fasse une hypoglycémie.
J’achète deux flans dont un aux abricots pour 2,95€, j’enfourne celui à 1,55€ donc aux fruits, en lui laissant croire que les deux sont aux mêmes prix ! Quel fourbe fais-je !

Jérôme, mon RO et moi-même sommes de nouveau sur le lieux du drame. L’oiseau blanc n’a pas débranché et se dresse fier comme un paon, sans les plumes. Je re-filme mais n’ai plus suffisamment de batterie.
Je bondis à la voiture telle une gazelle qui a du plomb dans l’aile mais ne parviens pas à faire assez vite pour le voir grimper jusqu’à la cime.
Harnaché et sécurisé, il démonte les deux ailes qu’il laisse tomber comme des feuilles jusqu’au sol. Qu’est qu’il va rester du planeur de 3,50m. Le fuselage est descendu à la main et d’après le silence n’a pas l’air d’avoir souffert.
L’œil expert de mon RO semble briller comme une lampe frontale qui aurait glissé. Au premier abord, la machine est intacte !

Après les remerciement et le défraiement, nous attaquons le retour dans le noir et la négresse.
Enfin, tout roule, nous traversons Rouen en ayant tous les feux au vert, du jamais vécu !

Quelle aventure palpitante.
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